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Situé dans le département de Kédougou, Dindéfélo est d’un genre tout particulier. Le visiteur qui débarque pour la première fois à Dindéfélo est frappé par le paysage verdoyant Ici, on y retrouve une véritable piscine naturelle tapissée de gros blocs de roche et constituée d'une eau fraîche et limpide. Au fond de la cascade, le spectacle qui s'offre à la vue est saisissant. L'eau descend, en effet, de la partie la plus haute d'une des parois de la cascade pour se déverser dans la piscine. Entre 70 mètres pour certains, 80 et 120 pour d'autres, sépareraient la piscine du sommet de la cascade. Mais quelle que soit la réalité, l'endroit reste paradisiaque. A cela s’ajoute les chimpanzés qui vivent en harmonie avec les populations.

Se rendre à la cascade de Dindéfélo, à moins d'une dizaine de kilomètres de la frontière Sénégalo-guinéenne, n'est pas de tout repos. Erigée en Communauté rurale en 2008, Dindéfélo compte 7 365 habitants et dix villages. Pourtant, l'endroit n'est qu'à environ 35 kilomètres de la commune de Kédougou, mais le chemin qui y mène est parsemé d'embûches. Le soleil a accompli presque plus de la moitié de sa course depuis le lever du jour. C'est le moment choisi par les journalistes conduits par une équipe de USAID Wula Nafa, pour mettre le cap sur le mythique site de Dindéfélo. Mais, quelques centaines de mètres après les collines d'Ibel et de Bandafassy, les véhicules doivent quitter la piste principale pour s'engager à gauche. Parsemé par endroits de flaques d'eau, résultat des récentes pluies tombées dans la zone, le chemin qui mène à Dindéfélo est un véritable casse-tête pour tout voyageur. A cause du caractère de la piste rouge et poussiéreuse, les secousses sont fréquentes. D'autant que le tracé sinueux de la piste oblige souvent les conducteurs à freiner brusquement. L'impression que l'on va au bout du monde est ici renforcée par la faible présence humaine. A moins qu'ils ne soient cachés par la végétation, les villages sont presque inexistants le long de la piste. Malgré le paysage verdoyant, le sol semble hostile avec la présence de cailloux.

Même les racines des arbres ne pénètrent que de façon superficielle dans le sol. Aussi, n'est-il pas rare de voir, le long de la route, plusieurs arbres couchés par terre. Sans doute ont-ils été déracinés par la main de l’homme qui a commencé à sévir en ce début d'hivernage. Plusieurs dizaines de minutes se sont déjà écoulées lorsque l'on arrive à Ségou, un village situé au pied de la chaîne de collines qui barre l'horizon. Ce qui fait naître l'espoir qu'on pourra bientôt arriver à la cascade. Il faut cependant encore plusieurs minutes avant d'atteindre Dindéfélo. La localité est nichée au milieu d'un paysage verdoyant. Fait de cases et d'habitations aux toits en zinc et de paille, Dindéfélo apparaît comme un village paisible.
La population, composée essentiellement de peuls, vit d'agriculture et d'élevage. Fondé par Manga Pathé Traoré, Dindéfélo, dont le nom signifie sous la montagne en langue peul, est la dernière localité avant la cascade. Passé le village qui a donné son nom à la cascade, il faut affronter l'autre obstacle consistant à marcher sur une distance de près de deux kilomètres pour arriver à la chute. Le chemin qui y conduit est un sentier étroit. Véritable galerie au milieu d'une végétation dense, il est parsemé de blocs de roche qui sont de plus en plus nombreux à mesure que l'on avance. Au fur et à mesure que l'on progresse, l'altitude de même que la végétation augmente, rendant plus difficile toute progression en direction de la chute. L'omniprésence des arbres et des cailloux fait qu'il n'est pas aisé de repérer le chemin. Celui-ci va d'ailleurs tantôt à droite tantôt à gauche, en serpentant le long d'un mince filet d'eau qui coule en direction du village de Dindéfélo. A cause de la végétation, de plus en touffue à l'approche de la cascade, il faut parfois se courber pour pouvoir passer sous les branches des arbres. Alors que l'ascension oblige à fournir davantage d'efforts. Après plusieurs minutes d'une marche assez éprouvante, on arrive enfin à Dindéfélo. L'endroit se présente comme une véritable piscine naturelle. Tapissée de gros blocs de roche, elle est constituée d'une eau fraîche et limpide. Au fond de la cascade, le spectacle qui s'offre à la vue est saisissant. L'eau descend, en effet, de la partie la plus haute d'une des parois de la cascade pour se déverser dans la piscine. Entre 70 mètres pour certains, 80 et 120 pour d'autres, sépareraient la piscine du sommet de la cascade. Mais quelle que soit la réalité, l'endroit reste paradisiaque. Il règne, en effet, une douceur à nulle autre pareille à l'intérieur de la cascade. D'ailleurs, en s'approchant de la chute, on sent la température diminuer nettement. Et en arrivant sur les lieux, c'est une véritable bouffée de fraîcheur qui accueille le visiteur. Avec une température idéale, les eaux de la piscine sont aussi propices à la baignade et on a du mal à quitter l'eau, une fois qu'on plonge dans sa douce fraîcheur. L'eau de Dindéfélo est aussi d'une saveur douce. D'ailleurs, il est fortement conseillé de se baigner dans la piscine et d'en boire l'eau. La légende dit en effet qu'elle est bonne pour la santé. Selon l’enseignant et PCR Kikala Diallo, le débit de la cascade est plus important de juillet à novembre.

Le programme agriculture et gestion des ressources naturelles (USAID/Wula Nafaa) au chevet des populations

Mauvais hivernages répétés, récoltes insuffisantes, déficit de vivres, autant de facteurs qui contribuent à accroitre la pauvreté des populations de la communauté rurale de Dindéfélo. Pour faire face à cette situation jugée difficile, il a suffi que le Programme agriculture et gestion des ressources naturelles (USAID/Wula Nafaa) installe ses quartiers dans cette localité pour que les populations retrouvent le sourire. Le programme intervient pour l’amélioration des conditions de vie de ces populations notamment dans la filière pain de singe (fruit du baobab), dans sa transformation ainsi que dans la filière fonio. D’ailleurs la nouvelle équipe du Conseil rural dirigée par l’enseignant Kikala Diallo a sollicité l’appui du projet dans la gestion de la réserve naturelle communautaire. Dans cette optique, une délégation du Conseil rural s’était rendue à la réserve communautaire de Somone. La collectivité locale avait décidé de désaffecter une zone amodiée pour l’affecter à la réserve. « Depuis 2009 jusqu’à nos jours, environ plus de 30 tonnes de poudre de pin de singe ont été commercialisées dans la Communauté rurale et la même quantité pour le fonio », note le PCR Kikala Diallo. A cela s’ajoute, selon lui, la valorisation du « madd » et du karité prise en compte par le programme qui cherche des marchés rentables et potentiels aux groupements de producteurs. Pour le facilitateur à l’USAID Wula-Nafaa Amadou Tidiane Diallo, « c’est plusieurs millions de francs CFA qui rentrent chaque mois dans la communauté rurale ». Selon lui, le programme appuie les populations dans leurs activités de transformation, de commercialisation et de recherche de la qualité. M Diallo de relever que la Communauté rurale de Dindéfélo est importante dans les activités de gestion de la biodiversité pour le programme de l’USAID. Aujourd’hui, l’expérience a semblé connaître des succès car les populations grâce au programme USAID Wula Nafaa parviennent à s’auto gérer en attendant le soutient de l’Etat.


 


Des chimpanzés vivent à Dindéfélo

Dindéfélo abrite une végétation luxuriante et constitue le dernier peuplement des chimpanzés. La révélation a été faite par le facilitateur à l’USAID Wula Nafaa Amadou Tidiane Diallo en marge de la journée de l’environnement. M. Diallo ajoute qu’ « il y a une vingtaine d’espèces de chimpanzés qui constitue le dernier peuplement, dans la réserve naturelle communautaire de Dindéfélo dans la région sur une superficie de 13.000 hectares ». Et le facilitateur de souligner que « la vingtaine de chimpanzés, est répartie en trois groupes, à Dindéfélo, à Ségou et un dernier groupe à Niandoma ». En 2010, la « disparition d’un vieux chimpanzé » a été notée avant que la carcasse ne soit découverte par les populations, a-t-il précisé. «Le programme est en train de travailler avec des instituts de recherche pour mener des recherches sur le mouvement de ce peuplement de chimpanzés dans leur habitat pour mieux comprendre leurs habitudes et leur mode de vie » a expliqué Amadou Tidiane Diallo. Le coordonateur régional des facilitateurs, El hadji Djibril Seck a dit que les chimpanzés dorment dans « les nids » individuels de branches et de feuilles qu’ils font chaque nuit dans un arbre différent, pointant du doigt aux journalistes, un nid de chimpanzé accroché sur un arbre. M. Seck a souligné l’extraction des fruits comme le « Madd » (Saba Senegalensis), l’abatage des arbres forestiers et les feux de brousse peuvent éradiquer cette espèce au Sénégal.

Haute compétition sur les « madd » entre chimpanzés et populations de Dindéfélo

Saba Senegalensis ou Madd en Ouolof. Cette liane produit un fruit le « madd » apprécié aussi bien par les humains que par les chimpanzés. A Dindéfélo, c’est une haute compétition qui est notée de jour comme de nuit entre les populations et les chimpanzés pour la cueillette du « madd ». « La forêt est un grenier pour nous. Beaucoup de fruits comme le madd sont récoltés ici. Avec la vente nous gagnions des millions. Les jeunes venus de tous les coins passent maintenant leurs journées ici pour cueillir quelques fruits et aller les vendre dans les différents marchés du pays. Les chimpanzés trouvent aussi de quoi à manger. Seulement, les personnes et les chimpanzés se disputent le madd, en cette période », confie le PCR. 

  
Dossier réalisé par Ousseynou Diallo / Tambacounda.info /


 

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